Assez de morale, répondons

Très bon billet de Radical Chic, En finir avec la gauche morale !, que je voulais partager sur ce blog, autrement plus pérenne qu'un tweet. :-)

Ainsi à chaque provocation droitière répond cette petite levée de bouclier, exactement attendue, et qui permet l'usuel tour de passe-passe : faire croire qu'une proposition inutile, parfaitement dans l'air du temps égoïste et paranoïaque, est l'expression courageuse d'un tabou à faire sauter ! La preuve : toute la "bien-pensance" se ligue contre elle.
[...]
Que faire ? Abandonner pour l'instant le terrain de la morale, pour celui du fait. Sur la sécurité typiquement, il faut dénoncer l'inefficacité de la répression, pas dire "c'est dégueulasse" ; la prévention, ce n'est pas de l'angélisme, c'est ce qui fonctionne. Sur l'immigration, deux arguments : le pays ne tournerait pas sans étrangers pour bosser, et le fait que 99% des immigrés et enfants d'étranger ne posent aucun problème. La fiscalité, c'est dire que la droite a fait le choix d'un transfert de la charge fiscale vers les classes moyennes. Bref, arrêter de croire qu'on mobilise sur la morale !

gauche-morale-1.jpgÇa fait en effet 30 ans que l'on répond au Front national que ses idées, "c'est pas bien". Avec quelle efficacité ! Et quand la droite, l'UMP surtout, tend vers le on ne sait souvent que répondre "c'est pas bien", "c'est comme le FN". Un point de vue partagé uniquement par les gens déjà d'accord avec nous, pas les personnes potentiellement convaincues par les discours réactionnaires, voire racistes ou xénophobes, anti-sociaux, etc.

Alors c'est sûr, ça fait plaisir de dénoncer bien fort avec des mots bien sentis, mais est-ce que la politique c'est se faire plaisir ou répondre concrètement à des attentes ?

Mise à jour

Ce billet était programmé, et voilà qu'il est publié alors qu'éclate une "polémique" sur la non-venue de Marine Le Pen à Dauphine, où un débat économique a été empêché par le MJS, l'UNEF, l'UEJF et le NPA.

Si je partage le constat sur le Front national :

Pour Jonathan Hayoun, président de l'UEJF, il s'agissait de "ne pas donner une tribune à ceux qui sont racistes, xénophobes ou antisémites". "En prenant la parole devant 200 étudiants, de débat devient un meeting de campagne de Marine Le Pen. Elle n'a pas sa place à l'université. Elle dresse les communautés les unes contre les autres, notamment avec la préférence nationale", déclarait M. Hayoun durant le rassemblement. Autre raison de l'opposition de l'UEJF à la venue de Mme Le Pen : son entourage. Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch ou encore Frédéric Chatillon étant spécifiquement visés par l'association étudiante dans son tract.

je ne suis pas sûr que la méthode soit la bonne. Pourquoi ? Parce que c'est la méthode mise en œuvre depuis 30 ans que le FN existe. Si l'on veut "reconquérir" les classes populaires tentées par le vote frontiste, c'est sur le contenu du programme économique qu'on le fera. Pour l'instant, seul Jean-Luc Mélenchon semble l'avoir compris, ou du moins à en faire un axe constant de campagne.

Et à lire absolument, chez Marc Vasseur : Marine Le Pen, une diabolisation heureuse.