PDF France 2011

Aujourd'hui, mardi 6 décembre 2011, je suis au Personnal Democracy Forum France.

À suivre ci-dessous. #pdffrance

pdffrance.jpgLiveblog, écrit à l'arrache, remis au propre plus tard.

Table ronde "le web dans la révolution démocratique"

Présentation un poil trop haute mais intéressante par @nicoconut, pour @gouverte http://gouvernance-ouverte.org (avec Foucault, Henri Atlan)

Elus 2.0 : difficultés pour les politiques à changer les façons de faire. Même à ScPo, aucun apprentissage n'est fait de l'usage d'internet ne serait-ce que pour de la veille.

Comment dès lors penser que les politiques pourraient faire une révolution totale de leur communication politique ?

Le problème n'est pas de savoir que le numérique a tout changé, mais de savoir comment amener le système politique à modifier son processus en profondeur. Comme par exemple la transparence de la contestation; Exemple du lancement d'une page Facebook par une commune près de Nantes, page fermée à la première insulte.

Les parlementaires US utilisent beaucoup le web et cela amène à des modifications du processus législatifs.

Frédéric Neau, EELV : rappel des origines des Verts, "hippies" avec organisation horizontale sans hiérarchie confiscatrice de l'information. Mais depuis les années 80, aucun outil pour servir cette organisation. L'arrivée des nouvelles technos permet de lier l'écologie et le 2.0 en comm' pour en faire des leviers de changements dans la société.

Intelligence de la foule des militants volontaires, avec souplesse possible quand aux façons de diffuser le matériel produit (vidéo, texte, graphique...). Frédéric dit que jamais on a eu à passer par le "no logo" ou celui des Jeunes Ecologistes.

Fred rappelle que si l'agenda médiatique est fixé par les grands médias, il évolue et se fait en débat sur internet, autour du café, au boulot, en famille... On croirait entendre Thieulin. :-)

Question sur la plateforme "Avec Eva" : permet de "massifier" le process. Comparaison entre les community managers et les secrétaires de section, qui ont surtout à gérer de "l'animation socio-culturelle" et peu à faire de la politique de haute-volée.

Christian Delom, Primagora : "le numérique va changer les choses en profondeur". Il ne faut pas croire que ce n'est qu'une nouvelle façon de communiquer, plus vite. La plupart des élus se contentent en effet d'émettre un son, et voient.

La télé, l'instantanéité surtout, a réduit la politique à des slogans. Les outils numériques ouvrent la voie à des formes de démocratie participatives, à condition de structuration et de diffusion, pas seulement de communication.

Primagora permet de pousser des idées, en les formulant via la base de Primagora et de les pousser vers un public cible (cabinets, élus, amis...). L'appel à dons est possible et le hors-ligne encouragé. Lancement au printemps 2012.

Question sur les monnaies complémentaires (SOL par exemple). Réponse sur le bitcoin, une "monnaie libre".

Tables rondes sur l'Open Data

La révolution Open Data

Présentation de Data Gouv Fr, moteur de recherche public, qui présente les données recensées par l'Etat. Les données sont sous licence libre, mais trop souvent uniquement sous .xls (Excel) mais "la version en format libre est importante" (lol). Le but est d'en faire un outil qui s'intègre au travail des administrations (ministères, préfectures, services déconcentrés...).

Data Gouv fournit un point unique d'accès aux données sur l'Etat français. Il a fallu veiller à ne pas créer de charge de travail supplémentaire pour les administrations.

Intervention d'Agnès Verdier-Molinié, de l'[Ifrap|http://www.ifrap.org/, qui m'a l'air d'un gros think-tank de droite. Revendique la gratuité des données publiques, qui est un droit des citoyens. On peut ainsi mieux évaluer les politiques publiques : "open government". Agnès Verdier-Molinié se scandalise que le coût de la CMU ne soit pas publié, par pour la contester mais pour "l'évaluer".

il va falloir réformer la loi de 1978, car il y a trop d'exceptions à l'ouverture des données, comme les données parlementaires, ainsi que les statistiques de l'INSEE.

Claire Gallon, Lbertic : il faut avoir une vision pour l'utilisation de ses données publiées, c'est-à-dire ne pas se contenter de les publier. Par exemple il faut inciter à la réutilisation, mais comment ?

Plus de collectivités ouvriront leurs données, plus les services seront rentables pour les entreprises qui vivent de la mise en forme de données.

Data publica, met en forme les données (peut aussi les compiler), anime aussi une "place de marché" de données. Des initiatives comme data.gouv.fr va entraîner une baisse tendancielle du coût des données.

Beaucoup de temps perdu à tirer des infos de PDF, alors que ces PDF étaient à l'origine des formats exploitables. "C'est shadokien !"

Datapolitics : les données en campagne

Dataveyes, avec Caroline Goulard.

  • Idée reçue n°1 : l'ouverture des données suffit à la transparence ; il faut en fait proposer des moyens de visualiser ces données pour des non-experts
  • idée reçue n°2 : trop de transparence va tuer la confiance ; mais aujourd'hui la confiance ne se décrète pas (plus ?) mais se construit par les réseaux. La visualisation de données présente un angle, elle n'est pas objective à 100 % (choix de données, quelle manière de les présenter...).
  • idée reçue n°3 : la culture des data éloigne de la politique, de l'action ; The Guardian a par exemple monté une plateforme de consultation des notes de frais des MPs britanniques (> 450 000 notes de frais à consulter).

Nicolas Kayser Bril, @nicolaskb, Journalism++, nous parle de l'incapacité des décideurs à avoir un esprit critique sur les chiffres. Mais il est pessimiste quant à l'utilisation des chiffres et leur prise en compte en amont de la prise de décision. C'est "l'innumeracy", l'illetrisme des chiffres.

Alexandre Léchenet, pour nous parler du "data telling", en fait mentir ou présenter les chiffres/données sous leurs meilleurs jours.

Beaux exemples : les destructions d'emploi s (Obama), la dette française (Parti socialiste) et le parallèle immigrés - chômeurs (FN) ; exemple des manipulations sur les impôts locaux lillois pendant la primaire PS.

Importance du fact-checking pour éviter les mystifications et manipulations.

La présentation d'Alexandre :

Débat Christian Paul (PS) / Laure de la Raudière (UMP) #boring
On parle haut débit, usages, fracture numérique, "France numérique d'après 2012", un gros bullshit de Laure de la Raudière sur le numérique comme levier de réduction de l'échec scolaire (on croirait entendre les miracles à venir des autoroutes de l'information).

La campagne en ligne, avec Emile Josselin et Frédéric Neau (qui remplace Julien Bayou).

Josselin : mobiliser les curieux, pour qu'ils accèdent rapidement aux infos essentielles, mais il faut le pousser à laisser au moins une coordonnée : Facebook, Twitter, e-mail pour newsletter. Le curieux devient "sympathisant", intéressé "fortement". Inciter à lui faire circuler des infos, pour relais. Le sympathisant devient militant voire "super militant", aussi bien en ligne qu'hors-ligne.

Le PS divise la France en zones de 2000 habitants avec données dessus, pour optimiser militantisme dans cette zone.

Importance du contenu collaboratif. En 2007 il n'y avait que les blogs pour s'exprimer en ligne. Aujourd'hui, l'offre a explosé et le public a des moyens variés de participer au contenu, politique ou non.

Internet permet de briser la solitude du militant, seul un dimanche matin au marché.

Neau : regrette qu'il n'y ait que des partis de gauche. Histoire des écologeeks depuis 2009, qui permettent l'émergence d'idées militantes toutes simples qui sont accompagnées et mises en œuvre par des compétences internes ou externes. Correspond à la vision écologique de la politique, c'est-à-dire remise en cause des schémas politiques verticaux, à la stalinienne.

Aujourd'hui, maturité d'EELV, des responsables viennent des engagements souples et légers, comme Julien Bayou issu des collectifs Génération précaire et Jeudi Noir.

[Live blogging stoppé faute de batterie.]

À noter : Nicolas Vanbremeersch est fan de Nichi Vendola, ex communiste italien de Sinistra Ecologia Libertà et président de la Région des Pouilles, aux plus de 500 000 fans Facebook, qui dialogue véritablement sur sa page.