Rebondir, encore et encore

2,31 % contre 1,57 cinq ans plus tôt. 828 381 bulletins "Eva Joly" en 2012 contre 576 666 suffrages pour Dominique Voynet en 2007. Soit 250 000 de plus. On prend les progrès qu'on peut se permettre, et les analyses qui sont faisables !

Il y a 5 ans, dans un cri de rage, j'écrivais que les Verts étaient utiles et pas morts, tant les éditorialistes ne perdaient pas de temps à nous enterrer. Je le pense toujours.

Les Verts, a fortiori EELV, ne sont pas morts. D'abord parce que nous sommes malgré tout un parti qui continue à exister même quand ça va mal, pas un structure dédiée à une élection présidentielle à la gloire d'une seule personne. Ensuite parce que même si l'accord électoral avec le PS est fragile, il existe et nous promet une existence autonome à l'Assemblée nationale. Je ne me prononcerai pas encore sur la participation au gouvernement de François Hollande (s'il gagne), mais je nous vois mal refuser même un seul poste.

Quelques analyses rapides

Bien qu'on se soit vautré dans cette élection, et en beauté si l'on se rappelle des scores de sondages courant 2011, il y a bizarrement plus de choses à analyser que dans le vote pour Dominique Voynet.

Rappelez-vous, en 2007. Dominique Voynet réunissait à peine 500 000 voix sur son nom. 1,57 % des suffrages exprimés qui réduisait l'écologie politique à un vote résiduel. On avait beau tordre les résultats dans tous les sens, on ne pouvait rien en tirer : aucun fait saillant nulle part, dans aucun électorat ni aucune zone. Tout au plus pouvait-on remarquer l'anomalie qui faisait qu'on avait parfois plus voté Voynet en zone rurale qu'en zone urbaine (en Seine-et-Marne, c'était très net), mais c'était presque l'épaisseur du trait.

Par exemple, alors que le score était de 1,98 pour les Français de l'étranger, il est cette année de 5,44. À Paris, Eva Joly double presque sa moyenne nationale, comme à Montreuil avec 4,41 ou Grenoble où elle frôle les 5 %, deux villes où Voynet avait respectivement fait 2,04 et 2,09.

Dans les grandes villes, comme à Lyon (4 %), Nantes (4,6 %), ou Lille (3,9 %), les scores sont moins catastrophiques et nous nous en serions contentés en moyenne nationale.

Je ne suis pas en train de transformer un échec en réussite. J'essaie simplement de montrer que le vote Eva Joly n'est pas tout à fait le même que celui de Voynet. Ce dernier était, il faut bien l'admettre, quasi inexistant. Les circonstances font qu'aujourd'hui, nous pouvons aborder nos législatives (je parle bien sûr des candidatures en "autonome") avec un peu plus d'assurance que 5 ans auparavant.

Pour mémoire, sur le site de l'Intérieur :

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Commentaires

1. Le samedi 28 avril 2012, 01:25 par François

Je repense également avec une certaine ironie à ces gens qui nous expliquaient doctement en 2007 que l'écologie politique, c'était fini, que désormais, c'était le modem qui avait tout compris et qui était devenu LE parti écolo. C'est la force montante, le truc qui allait prendre le pouvoir...

Petit jeu : remplace modem par FdG et 2007 par 2012 dans ma phrase