Accord Syntec : savoir déconnecter

La presse anglo-saxonne commence à se moquer de la France qui refuserait les mails pros après 18h. Par exemple cet article goguenard du Guardian (plus un billet d'humeur qu'un réel article d'ailleurs) où la journaliste imagine la France entière quittant le bureau à 17h pour se prélasser en terrasse : When the French clock off at 6pm, they really mean it

Well, sort of. Après noticing that the ability of bosses to invade their employees' home lives via smartphone at any heure of the day or night was enabling real work hours to extend further and further beyond the 35-hour week the country famously introduced in 1999, workers' unions have been fighting back. Now employers' federations and unions have signed a new, legally binding labour agreement that will require staff to switch off their phones after 6pm.

Outre que les clichés sur les 35 heures sont souvent faux, c'est tout de même une bonne nouvelle que d'éviter de bosser 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, la disponibilité permanente étant un gros facteur de burn out pour une augmentation de productivité faible voire nulle.

Ajoutons à ça que pour l'instant, cet accord est limité au Syntec et qu'il se contente de "garantir le respect des durées minimales de repos imposées par la réglementation française et européenne sur la charge de travail et les temps de repos minimaux." (Source : Les Échos) On est loin de la dolce vita, terme que la journaliste du Guardian croit que nous utilisons tous les jours.

Par ailleurs, on moque la France mais l'exemple vient de l'Est, d'un pays qui vient récemment d'adopter un salaire minimum...

Certaines entreprises vont même déjà plus loin. En Allemagne, chez Volkswagen par exemple, un millier de salariés bénéficient, depuis 2011, d'une trêve quotidienne de réception de leurs e-mails sur leur BlackBerry. Concrètement, les serveurs informatiques d'envoi des e-mails sont mis en veille de 18h15 jusqu'à 7 heures du matin. Un dispositif qui rencontre un certain succès auprès des employés mais aucune réelle mesure des conséquences sur la productivité n'a encore été publiée.

Vive le modèle allemand ! ;-)


Sur l'urgence et l'obligation maladive du temps réel, j'avais déjà écrit : TTU : ralentir