Droits des femmes, beaucoup de chemin parcouru, encore beaucoup de route #8mars

Logo-8-mars_243964.jpgUn petit article de blog sur un combat de femmes ouvrières dans l'Hérault, les fileuses de soie de Ganges (De la chrysalide à la reconnaissance : Journée des droits de la femme, écrit en mars 2014), m'a ému. Il m'a ému par ce que cette histoire de combat social d'ouvrières révèle du partage universel parmi les hommes de toutes conditions de l'oppression des femmes.

batman-robin-catwoman-slap.jpgAprès avoir raconté les grèves longues et courageuses pour 10 centimes d'augmentation, l'article rappelle au dernier paragraphe qu'il a fallu attendre 1920 pour que les femmes puissent adhérer à un syndicat sans demander l'autorisation à leur mari.

Pauvres ou riches, royalistes et républicains, catholiques, protestants, musulmans, juifs, bourgeois ou ouvriers, paysans ou artisans... avaient, ont, un point commun : la soumission de la femme. Ce sexisme, cette phallocratie largement partagée, est quelque chose qui me dépasse. Que des hommes aient pu faire des révolutions, renverser des tyrans, se faire tirer dessus par la troupe au nom de leurs conditions de travail et du droit à un revenu décent et n'aient pas pensé à en faire profiter l'autre moitié de l'humanité est proprement renversant.

Ce n'est pas comme si au fil de l'histoire moderne personne n'avait jamais soulevé le problème. D'Olympe de Gouges aux suffragettes, nombreuses furent les femmes à revendiquer leur part de liberté, d'égalité, de droits. Sans cesse repoussés au nom d'un idéal plus important. Toujours conquis de haute lutte, souvent au prix de retours de bâtons culpabilisants : "vous travaillez mais vous serez de mauvaises mères ! Vous avez la contraception mais ne vous plaignez pas si vous êtes enceinte !"

Aujourd'hui, en Europe de l'Ouest, alors que les femmes ont le droit de divorcer, de faire ou non des enfants y compris hors mariage, peuvent ouvrir un compte en banque sans demander l'autorisation à un homme référent, il continue à y avoir des disparités salariales intolérables et on continue à perpétuer l'image d'une femme frivole et incompétente dès qu'elle sort de chez elle (alors que pour son intérieur, elle est la seule compétente, un homme ne doit pas toucher un balais ou une éponge !). Exemple avec l'office du tourisme Terre et côte basques.

Entre ça et les opérations commerciales qui réduisent la journée du 8 mars à une fête de la greluche pintade femme frivole, les hashtags débiles lancés par des adolescents sur Twitter et les réflexions y compris au plus haut niveau politique, a encore pas mal de boulot.

Bonus, le tweet du gouvernement pour le 8 mars