A stratégie illisible, résultats illisibles #dep2015 #eelv

Lendemain d'élections, mon sentiment brut de décoffrage, garanti sans filtre.

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Nos "vrais" résultats

Certes notre stratégie nationale était illisible et ne facilite pas une lecture simple des résultats (contrairement au FN présent dans 93 % des cantons sous ses propres couleurs), certes les étiquettes "Union de la gauche" ou "Divers gauche" font dire n'importe quoi aux projections nationales (et David Cormand s'en était ému dans une tribune Stop Intox publiée sur le site du parti), certes nos scores ne sont pas démentiels mais néanmoins les 2 % claironnés et moqués dès 20 h dimanche sont à nuancer, comme suit :

A niveau national, résultats moyens (source : service élections d'EELV, mail interne de David Cormand) :

  • Sur les 377 cantons où EELV était en autonomie : 9,7%
  • Sur les 448 cantons où EELV était en binôme avec le FdG : 13,6 %
  • Sur les 157 cantons où EELV était en binôme avec le PS : 27 %
  • 165 binômes présentés ou soutenus par EELV sont qualifiés pour le second tour.

Il y aura donc sans doute quelques bonnes nouvelles (en Isère, en Loire-Atlantique...), des cantons où nos stratégie d'alliance différenciées seront fructueuses. Un conseiller avec le Front de gauche, une conseillère avec le PS... C'est le paradoxe de ces élections : si ça se trouve les écologistes auront en 2014 plus de conseilles départementaux qu'ils n'avaient de conseillers généraux depuis 2011 !

Rendre lisible notre stratégie

On s'était bien moqué du Modem et de sa stratégie à géométrie variable aux municipales de 2008, un coup allié au PS, un coup allié à l'UMP, sur la base de considérations locales sûrement très pertinentes vues du centre-ville mais un peu moins vues des rédactions parisiennes des médias ou des états majors des autres partis. Cette stratégie avait conduit conduit le parti centriste à être illisible au niveau national et s'était traduit par un échec à Paris et Pau, pour ne prendre que ces deux exemples de listes menées par les deux dirigeants que sont Bayrou et Sarnez.

Hé bien, là, chez EELV, nous avons fait pareil. Évidemment à chaque fois les raisons locales étaient pertinentes, valables, les militants écolos et front de gauche s'entendaient bien, avaient parfois déjà fait campagne ensemble aux municipales... Sauf que cela a conduit à faire disparaître le parti, ou du moins à le cacher. Certains de nos parlementaires et dirigeants n'ont d'ailleurs pas facilité la tâche des candidat-e-s et des militant-e-s en ramant à contre-courant du parti sur le faux choix entre PS ou Front de gauche, oubliant à chaque fois que l'autonomie pouvait aussi être une option, celle qui nous a d'ailleurs fait gagner en 2009.

Sachons ne pas reproduire l'erreur pour les régionales, où le mode de scrutin par liste et à la proportionnelle nous est plus favorable que le scrutin majoritaire. Sachons faire le choix de l'autonomie comme en 2010, si nous existons encore en tant que parti d'ici là.

Le FN en grand vainqueur


Bonus "faut-bien-rigoler"