La longue et lente agonie du tout routier

C'est sans doute le sens de l'histoire, en tout cas c'est celui que les écologistes souhaitent : la fin du tout voiture, du véhicule individuel pour tous les déplacements. Pourtant, hélas, ce n'est pas partagé par tous les décideurs politiques, loin s'en faut.

Pourtant, 69 % des Français seraient favorables à une diminution de la place de la voiture en ville. Cela monte même à 75 % pour les habitants des villes de plus de 100 000 habitants (ce qui parait logique) ! Détails du sodnage sur Mobilicités.com.

Les gens se disent certes attachés à leurs voitures, mais c'est avant tout parce que la plupart des Français n'ont pas le choix. Dans une région comme l'Île-de-France, seulement 41 % des Parisiens et des Franciliens utilisent leur voiture pour aller travailler. L'abandon du véhicule individuel ne se fera pas sans un certain volontariat politique. Le covoiturage explose pour des raisons financières par exemple, et en parallèle des commerçants se liguent contre un projet de bus à haut niveau de service, à Melun.

Mais le tout-routier, ce n'est pas que la voiture individuelle, ce sont aussi les camions. Des camions qui encombrent les routes, les abîment et polluent l'environnement. Une "autoroute ferroviaire", allant du Nord-Pas-de-Calais aux Landes devait retirer des routes 85 000 camions par an. Le projet a été abandonné, à la fureur d'EELV : Le gouvernement choisit 85.000 poids lourds de plus sur les routes

La rentabilité de cet investissement, jugée insuffisante par le gouvernement, est à mettre en regard de l’abandon sine die de l’éco-taxe poids lourds. Faute de rentrées fiscales liées à la fiscalité écologique, comment imaginer que le fret puisse être rentable quand le transport routier bénéficie des niches fiscales sur le diesel et l’absence de toute taxe alors même qu’ils sont responsables de cancers, de maladies cardio vasculaires, d’allergies et de contribuer à un dérèglement climatique dont l’ampleur est inédite à l’échelle de l’humanité ?

«La question posée aujourd’hui est simple : le gouvernement souhaite-t-il réellement diminuer le nombre de camions sur les routes ? On ne fera aucune transition d’ampleur si on ne regarde les choses que par le petit bout de la lorgnette à savoir la rentabilité économique et si on oublie ce qui devrait guider l’action publique sans relâche : l’intérêt des citoyens, leur santé et leur environnement » déclare Sandrine Rousseau.

Ce n'est pas le vent que vous entendez mais l'immense, l'énorme soupir de tous écologistes du pays. Chaque renoncement de ce type est un argument de plus pour l'autonomie aux élections régionales. On a BESOIN d'écologie parce que visiblement la fin du tout routier, de ses effets sur la santé, ne se fera pas tout seul.