Tomorrowland : le futur frelaté et autoréferentiel de Disney

Mon amour pour les blockbusters et George Clooney a poussé mes pas vers une salle de cinéma pour y regarde A la poursuite de demain, ou Tomorrowland en VO. Je ne veux pas m'attarder sur les qualités ou non du film sur un aspect artistique, mais plutôt critiquer le fonds imaginaire convoqué ici, complètement à la masse et avec lequel je suis en profond désaccord.

A-la-poursuite-de-demain-Tomorrowland-de-Brad-Bird-banniere-Disney.jpg

L'autoréférence jusqu'à la nausée

Premièrement, le nom même du film, Tomorrowland, est celui d'une section des parcs Disneyland, où sont présentées des visions du futur selon les années 1950, essentiellement : monorail, voitures volantes, pilules magiques, voyage spatial à la space opera, tours immenses qui crèvent les nuages... C'est précisément cette vision du futur qu'on a puisque le jet-pack est un loisir, on part à 20 années-lumière de distance comme on prend le train. Autant dire que c'est un poil dépassé même si personne n'arrive vraiment à imposer un autre imaginaire.

maxresdefault.jpg

Le début du film se passe à la World's Fair de New York, et qu'y voit-on ? L'attraction "It's a small world", on l'entend même ! Petite autocitation en passant d'un mastodonte de l'entertainment grand public qui englobe un siècle de culture populaire, depuis les contes pour enfants jusqu'à Star Wars et les super héros Marvel.

Star Wars justement... Hé, les gars de chez Disney, on a compris que vous aviez les droits de LucasFilms, pas la peine d'imaginer une boutique pleine de produits dérivés de la saga et de montrer les personnages qui se jettent ces éléments à la figure. Niveau finesse, c'est au moins équivalent au plan de Jurassic Park sur l'étagère de produits dérivés.

Je vous passe les placements de produits pour Oreo et Coca-Cola, tellement grossiers...

Un optimiste touchant mais frelaté

Le monde va mal, et Casey, l'héroïne, n'en peut plus du discours pessimiste ambiant sur les conflits sociaux, les guerres, le dérèglement climatique. Ben oui, elle est OPTIMISTE. Et ce simple optimisme "can make a difference". L'exact projet de Tomorrowland qui voulait réunir les meilleurs scientifiques, loin des États et des bureaucraties, dans un monde désidéologisé (mais est-ce possible ?), avec les quatre premiers : Jules Vernes, Gustave Eiffel, Nikola Tesla et Thomas Edison (ben voyons).

Tout le film tourne autour du fait de vouloir ou non. En somme, les problème terriens sont surtout dus à notre incapacité à rester optimiste, à ne pas abandonner. A la fin du film, les recrutements pour Tomorrowland sont rouverts, et les nouveaux et nouvelles sont aussi bien un artiste de rue japonais qu'une avocate hong-kongaise, ou encore une employée noire de jardinage aux États-Unis ou un agent de lutte contre le braconnage.

OK.

Mais ces bonnes volontés, ces optimistes, ne seraient-ils pas plus utiles sur Terre que dans Tomorrowland qui n'a pas trop de problème (ou si, mais on ne comprend pas bien ce qui s'est passé) ? Tout vient du fait de croire qu'une seule personne peut "make a difference" là c'est tout de même plus souvent le collectif qui fait la différence.

Sauvons toutefois le monologue de Nix, joué par Hugh Laurie, sur justement l'apathie générale de tout le monde ou presque, qui bien que conscient des catastrophes à venir, a préféré ne pas bouger dans l'assurance que le pire arrivera, quitte à en faire un discours marketing, plutôt que de faire un effort pour une gratification future et hypothétique.