10 choses apprises en 10 mois de vélotaf

Depuis 10 mois je suis salarié à Melun, en Seine-et-Marne. J'effectue donc un trajet quotidien vers la capitale briarde depuis Paris. Après une tentative d'intermodalité bus et train, je me suis fait offrir un vélo à noël. Un petit B'Fold de Décathlon pour pouvoir le plier. Ses roues sont petites mais il est léger et facile à transporter dans les escaliers.

Ces dix mois de vélotaf m'ont enseigné quelques bricoles que je souhaitais partager.

1. Ça maintient en forme

Oubliez le running qui vous prend une heure le matin (sans compter la douche), vous oblige à vous lever plus tôt et vous fait tourner dans un parc trop petit. Le vélo, c'est de l'exercice garanti quotidiennement et sans perte de temps. Vous troquez simplement du temps en bus ou métro contre du temps sur la selle, cheveux au vent. Un passager anonyme vous remercie secrètement pour cette place libérée.

Certes, si vous souhaitez vous gainer les fessiers ou prendre un six-packs il vous faudra de l'exercice complémentaire, mais pour le tout venant, c'est idéal. Et c'est bon pour la santé.

2. Il ne pleut pas si souvent

Je ne peux parler que de Paris, évidemment. Vous seriez surpris du faible nombre de fois où je suis arrivé trempé chez moi ou au bureau. Évidemment, la grosse averse (ou pire, la neige) sont très désagréables. Mais les grosses pluies sont rares et je me suis surpris à apprécier (modérément quand même) un crachin sur le visage et les verres de lunettes.

Vivifiant ? Oui.

3. On ne transpire pas tant que ça

Un des arguments souvent avancé pour justifier une hésitation ou carrément moquer ce moyen de transport : le vélo fait sentir la transpiration. Pourtant, sans même parler du vélo à assistance électrique, j'ai remarqué que malgré une côte dans les 100 derniers mètres j'arrivais rarement en sueur au travail. À vrai dire je transpire plus dans le train qu'à vélo.

Je ne dis pas qu'on arrive sec et fringant après deux à trois kilomètres à vélo par 35°C (mais même en marchant on transpire). Mais par température normale, en maintenant une vitesse raisonnable, peu de transpiration, surtout le matin. En revanche, un éventuel coup de stress provoqué par un véhicule trop rapide ou un coup de klaxon peut vous faire avoir des sueurs froides, ce qui nous amène au point suivant...

4. Les aménagements pour vélos et piétons améliorent la vie de tous

En passant tous les jours de Paris à Melun, j'ai remarqué que les automobilistes étaient différents entre les deux villes. Plus respectueux des cyclistes à Paris, moins agressifs. Ce n'est pas une question de personnes mais une question d'aménagements. Paris est équipé de pistes cyclables, la mairie communique sur le vélo et les zones 30, les sas vélos sont matérialisés (mais peu respectées, hélas), il y a des tourne-à-droite...

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Melun est restée bloqué dans les années 1980, c'est à peine s'il y a des voies de bus. Même les piétons ont la vie dure avec des carrefours impraticables aux trottoirs inexistants et aux traversées dangereuses. Y compris pour les voitures qui roulent trop vite.

Cela étant, j'ai pu constater que la plupart des problèmes de sécurité seraient réglés si les voitures, et tous les véhicules motorisés en général, roulaient moins vite et restaient attentifs à leur environnement, en déplacement comme en stationnement.

5. Les trains et RER sont sous équipés

Ayant la chance de faire le trajet "dans l'autre sens" (c'est-à-dire Paris-banlieue), les trains ne sont pas bondés. Il y a donc la place pour des vélos sur les plateformes aux extrémités des voitures. Mais dans le GAMU Paris-Montargis (via Melun) de 8h19, il y a presque un vélo par plateforme.

Mais pour les Seine-et-Marnais qui souhaiteraient faire comme moi et effectuer les trajets domicile-gare et gare-travail à vélo et non en bus ou métro, c'est quasiment impossible, à moins d'être prêt à assumer un vélo en pleine heure de pointe.

De temps en temps, un TER Bourgogne est équipé de crochets, mais c'est très rare. Allo, la SNCF, le Stif ?

6. La sonnette est très utile

J'avais des scrupules à m'en servir quand je prenais un Vélib'. La pratique aidant, j'ai appris à l'utiliser de plus en plus. Je n'ai aujourd'hui plus d'hésitation à l'actionner. Le dring dring n'est pas là pour m'autoriser à faire n'importe quoi et à pousser des piétons des trottoirs, mais à prévenir un piéton qui ne m'a pas vu, qui décharge quelque chose d'un utilitaire. Pour ma sécurité et sa propre sécurité.

Amis piétons, les vélos ne sont pas vos ennemis. Souvent, s'ils actionnent leur sonnette c'est pour éviter un choc qui serait douloureux pour tout le monde (et un peu plus pour le piéton).

7. Les scooters sont plus dangereux que les voitures

Instinctivement, le cycliste se méfie des voitures, grosses, lourdes, paradoxalement lentes. La pratique aidant, le deux roues motorisé (2RM en jargon) est identifié comme le principal danger.

Pourquoi ? Premièrement, à cause de son caractère imprévisible. Tout comme le vélo, il peut se faufiler entre les voitures à l'arrêt (dans un boulevard embouteillé par exemple) et ainsi débouler de votre droite ou votre gauche (histoire vécue). Deuxièmement parce que le scooter et la moto sont des concurrents d'espace. Ils s'avancent sur les sas vélos, se glissent sur des pistes cyclables et parfois prennent les double-sens cyclistes. Sauf que ces véhicules sont plus lourds, plus rapides que les vélos et beaucoup plus solides qu'un corps humain en cas de choc.

8. Une voiture prend beaucoup trop de place

J'enfonce une porte ouverte mais on ne le rappellera jamais assez : en ville, une voiture prend trop de place, qu'elle soit à l'arrêt ou en mouvement. Je vois rarement des voitures pleines le matin comme le soir, la plupart ne sont occupées que par le conducteur.

Cette place démente se ressent en tant que cycliste quand la voie est bloquée par quelques voitures (donc trois à quatre personnes) qui empêchent des dizaines d'autres de passer. Tout ce gâchis de temps parce qu'une personne a voulu trop s'avancer et bloque ensuite tout un carrefour...

9. En terme de vitesse, le vélo est imbattable

Je ne parle évidemment pas d'une éventuelle course sur un kilomètre de ligne droite en circuit. Mais sur un kilomètre d'embouteillages (ou simplement de circulation dense) et de feux tricolores en ville, oui, le vélo bat à plate couture bus, voitures, et même scooters si le parcours compte quelques aménagements comme les tourne-à-droite.

France Info avait vérifié cette affirmation après une interview de Denis Baupin.

10. Aller au taf et en revenir sont devenus des plaisirs.

Le fait d'avoir eu zéro accident ou incident y est sans doute pour beaucoup, mais je n'avais jamais pris autant de plaisir à aller au travail. La corvée de l'aller et même du retour est effacée. SI vous pouvez le faire, n'hésitez plus. L'hiver arrive ? Investissez dans des gants et un bonnet, pédaler tient chaud aussi.

Depuis presqu'un an maintenant, le vélo est devenu mon principal moyen de déplacement à Paris. J'ai ainsi (re)découvert des petites rues, des itinéraires de bord de Seine, les îles de la Cité et Saint-Louis...

Même en dehors des jours de travail, je ne me sers pratiquement plus que de mon vélo. Tant que je reste dans un rayon de cinq à six kilomètres, je ne me pose presque pas la question, j'enfourche ma monture. C'est tout simplement le moyen le plus rapide pour me rendre d'un point à l'autre du 13e arrondissement.

Commentaires

1. Le jeudi 15 octobre 2015, 11:52 par CORLIN

REPONSE

1."ça maintient en forme"
Cela dépend de l'âge et de la condition physique. Si c en'est pas recommandé pour les insuffisants cardiaques, les personnes dialysées et les personnes souffrant d'épilepsie, cela ne l'est pas non plus (surtout des longues distances répétées quotidiennement) pour tout un tas d'autres personnes, l'âge et l'état de santé y étant pour beaucoup.

2."il ne pleut pas souvent"
Evidemment, tout bon météorologue vous expliquera que le bassin parisien est une des régions de France où il pleut le moins (en moyenne 20% de moins qu'en Bretagne et 40% de moins que dans le massif central). Les nuages sont nombreux mais ils passent sans rester accrocher par le relief. C'est pareil pour la neige et même pour le gel. Il y a moins de jours de gel à Paris qu'à Saint-Etienne ou Limoges, voire même Bourg en Bresse pourtant en plaine.

3. "On ne transpire pas tant que ça"
Le bassin parisien a aussi la caractéristique d'être plat comme une limande, de plus la transpiration est un élément propre à chaque individu, autant en quantité qu'en qualité et donc cela reste un avis tout ce qu'il y a de plus personnel.

4. Les aménagements pour les vélos améliorent la vie de tous.
Voila un point parfaitement exact : piétons, vélos et bagnoles ne doivent pas partager le même espace et c'est pour cela que les autorisations de remonter les voies en sens interdit données aux cyclistes sont des véritables appels au suicide.

(à suivre)

2. Le jeudi 15 octobre 2015, 12:00 par Vincent

> Vous seriez surpris du faible nombre de fois où je suis arrivé trempé chez moi ou au bureau.

Trois mots : cape de pluie.
www.google.fr/search?q=cape+de+pluie+v%C3%A9lo

> En passant tous les jours de Paris à Melun, j'ai remarqué que les automobilistes étaient différents entre les deux villes.

Normal : banlieue = bagnole. Le vélo, c'est, au choix, un truc de bobo, gaucho ou prolo. Bref, l'anti-France.

Un bon Français se déplace en bagnole.

> Mais pour les Seine-et-Marnais qui souhaiteraient faire comme moi et effectuer les trajets domicile-gare et gare-travail à vélo et non en bus ou métro, c'est quasiment impossible, à moins d'être prêt à assumer un vélo en pleine heure de pointe.

Il est justement interdit d'emporter un vélo (non-pliable) en semaine aux heures de pointe…

> Amis piétons, les vélos ne sont pas vos ennemis.

Tu fais bien de le dire. Il y en a qui prennent très mal d'être sonnés, en particulier… lorsqu'ils marchent sur la piste cyclable. Bienvenue en France.

> Les scooters sont plus dangereux que les voitures

Et comme les autorités ne les verbalisent que très peu, la fête continue.

3. Le jeudi 15 octobre 2015, 17:54 par Ben

Mon cher Corlin, tu es de bien mauvaise foi !
Tout d'abord, tu contestes le fait que le vélo puisse maintenir en forme en citant en exemple... des personnes souffrant d'épilepsie ou qui sont dialysées !
Ensuite, soit, le bassin parisien est peut-être une région où il ne pleut pas beaucoup. Moi qui habite entre le massif central et le bassin parisien, et qui roule à vélo quotidiennement, je peux te dire que je ne sais pas trop si on est dans la moyenne de pluviométrie en région Centre, mais je sais quand il pleut, ça n'arrive pas toujours aux heures où je pars au boulot ou quand j'en reviens.
Adrien Saumier, l'auteur de l'article nous dit ensuite qu'en levant le pied, il consomme moins d'énergie musculaire et donc que son corps s’échauffe moins, tu as le droit de ne pas être d'accord, mais j'applique aussi la même technique et pour moi, ça marche aussi.
Pour ce que tu appelles "remonter un sens interdit", ce que moi je nomme un "double sens cyclable", je le fait tous les jours et je ne connaissais pas jusqu'à maintenant mes tendances suicidaires, ok, dorénavant, je ferai gaffe !

4. Le vendredi 16 octobre 2015, 14:16 par BikePower

Bonjour !
Bravo et merci pour cet article, tout à fait objectif je trouve.
Rajoutons que la notion d'effort (et donc de transpiration) est inversement proportionnelle au niveau d'entrainement : dit autrement, plus vous roulez moins vous forcez.
@Corlin, je suis bien d'accord avec Ben : votre manque d'objectivité est trop visible pour être fortuit ! Vous auriez tout autant pu penser aux tétraplégiques ou grabataires, vous n'auriez pas été de plus mauvais goût...
En ce qui concerne les "appels au suicide", les statistiques et la pratique sur le terrain démentent parfaitement vos dires. Par contre, si vous roulez en voiture (je n'ai pas l'impression que rouliez beaucoup à vélo, mais peut-être me trompais-je ?) je vous invite à la plus grande vigilance dans la mesure ou le contre-sens cyclable n'est plus l'exception mais la règle dans les zones 30, votre responsabilité (morale et pénale) est engagée.
Bien sportivement

5. Le dimanche 25 octobre 2015, 16:57 par FrédéricLN

Un vieux vélotaffeur confirme chacun de ces 10 points !

Sur le point 3 : on ne sent pas forcément la rose après 45 minutes de zigzag dans les embouteillages. Mais demander des douches dans les bureaux… c'est pas demain la veille. Pourtant, qu'est-ce que ça serait utile ! Bien plus, à mon humble avis, qu'un dispositif tordu et fraudable pour rémunérer les vélotaffeurs.

11— J'ajouterai que faire du vélo est salissant. J'utilise occasionnellement un pantalon beige pour vérifier cette affirmation, et à chaque fois, il me rappelle que j'auras dû mettre un jean.

Conséquence de 3+11 : si RV en costume-cravate, je prends le train ou la voiture.

Mais là-dessus les avis diffèrent (un regard sur les cyclistes en Vélib' le confirme) ; vers 2006 Maître Eolas avait commis sur le même sujet un billet selon lequel le vélo était très compatible avec le costume.